Le concept de « biodiversité » a - malgré la jeunesse du terme - déjà généré beaucoup de discussions philosophiques. Contrairement aux grands débats récents sur les définitions de termes en philosophie « théorique » (connaissance, vérité…), l’analyse du terme est importante dans le sens où elle pourra avoir des conséquences politiques directes. Car, en définissant le terme, on s’occupe automatiquement de la question « Qu’est-ce qu’on essaie de protéger exactement ? ». Le problème principal de toutes les définitions proposées est que l'on risque constammement de conclure que la biodiversité est « toute la biologie », ce qui rend superflu le terme biodiversité et serait absurde pour les politiques de conservation.
Ici, après une partie de remarques générales et de clarifications sur le concept, on se concentrera sur l’analyse récente du terme par Sahotra Sarkar dans « Biodiversity and environmental philosophy1 », dont on discutera ensuite la pertinence.
Tout d’abord, il est important de se rendre compte que la « biodiversité » ne peut guère être considérée comme un concept scientifique au sens propre2. Un concept scientifique est bien défini, utile dans des théories scientifiques et fondé sur des propriétés naturelles. Par exemple « le gène », concept fondamental en biologie moderne, satisfait clairement les trois propriétés du concept scientifique. Pour la « biodiversité », il est à voir si on peut bien le définir; en tout cas, considérant le discours publique sur la biodiversité, il n’est guère possible de fonder la « biodiversité » sur des propriétés naturelles – il reste toujours des éléments de conventions de ce qu’on veut protéger. Finalement, la biodiversité est certainement un concept utile, mais pas (encore ?) dans les théories scientifiques, sauf celle de la biologie de conservation, discipline à la fois biologique et sociale.
Si la biodiversité n’est pas un concept scientifique, on n’a intuitivement pas non plus envie de le déclarer « primitif » (indéfinissable) comme quelques autres notions philosophiques qui parfois le sont3. On ne veut pas non plus le considérer comme un concept esthétique dont les limitations sont floues, car dépendantes de critères subjectifs. Il paraît plutôt vraisemblable qu’un concept qui correspond à peu près à « toute variété du vivant » n’est qu’une synecdoque, ou encore les appels à sa conservation rien d’autre qu’un « slogan » pour des propriétés et des buts plus raffinés. On doit en revanche considérer la proposition qu’il n’y a en vérité que "des" biodiversités et que toute utilisation du terme dépend des valeurs que chaque contexte associe au mot.
Et pourtant, cette solution provisoire pour « définir » la biodiversité, qui en vérité ne consiste qu’à considérer le terme comme
très large n’est guère satisfaisante. Il s’y oppose la signification de « biodiversité » très concrète et très importante dans les
discours politiques sur la protection de l’environnement. Comme fait empirique, « biodiversité » est maintenant un mot-clé de ce domaine,
et une clarification de son sens est donc en même temps une contribution aux debats sur sa protection. Comment pourrait-on essayer de
protéger la biodiversité si on essayait de protéger ce qui tombe sous un concept aussi flou que « la beauté de la nature » ? En
définissant la biodiversité il est véritablement question de savoir ce que l’on veut exactement protéger.
Considérons encore une fois la définition « approximative » de biodiversité : « la variété de toutes les formes de vie, des gènes jusqu'à l’ordre d’écosystème en passant par les espèces »4. Le problème crucial de cette définition est qu’il est énormément difficile d’exclure quelque chose d’un concept qui pourrait si facilement inclure tout ce qu’il y a de biologique. Le domaine biologique exhibe de la variabilité sur chaque niveau de complexité, qu'il soit d'entités ou de processus biologiques. Bien qu’il y ait des hiérarchies de classification en biologie – et spatiale et taxonomique – il est important que celles-ci ne soient ni sans exceptions ni homogènes. Il n’y par exemple pratiquement pas de communautés écologiques qui soient identiques, presque tous les individus d’une même espèce ont des génotypes différents, etc… C’est pour cela que conserver la biodiversité et prendre le concept au sens intuitif revient à dire que la « biodiversité » désigne toutes les entités et processus biologiques. La biologie de la conservation serait alors l’entreprise impossible et inutile (entre autres puisque les espèces sont naturellement soumises à une évolution et un renouvellement) de conserver toute la biologie existante. Une première réponse est de simplifier en proposant que toute la diversité se reflète au niveau des gènes, espèces et écosystèmes. Mais interpréter la diversité biologique ainsi est une manière à la fois trop étroite et trop large. Trop large, parce qu’il est encore peu probable qu’un but raisonnable de la conservation soit de protéger véritablement toutes les espèces, tous les gènes, tous les écosystèmes qui parfois varient très peu de l’un à l’autre. Trop étroite, parce que même si on protégeait les trois niveaux on exclurait la protection de phénomènes biologiques très importants, comme par exemple la migration des « monarch butterflies » bien illustrée par Sarkar5. Il paraît alors peu vraisemblable qu’on arrive jamais à une définition explicite de « biodiversité ».
En parlant de « diversité », il est donc indispensable de réaliser qu´elle ne s’applique pas seulement aux entités, mais aussi aux processus biologiques. Parfois dans la littérature s'y rapportant on trouve cette distinction entre une biodiversité nommée « fonctionnelle » et une nommée « compositionnelle »6, où le premier adjectif se réfère à la protection du fonctionnement d’écosystèmes et de processus évolutifs et le second à la protection des populations et des espèces.
Cette distinction est avant tout motivée par le problème – plus concret, qu’on n’abordera pas dans le cadre de notre analyse – de
l’évaluation quantitative de la diversité d’un certain endroit que l'on veut protéger. Au commencement de la biologie de la conservation,
les essais pour se donner un cadre théorique pour cette science étaient centrés sur les valeurs des espèces : quelles espèces
importe-t-il (sommes-nous le plus obligés) de protéger ? Cette approche « compositionnelle » met l’accent sur les valeurs
(surtout pratiques et économiques) des espèces. Plus tard, la direction des efforts pour la conservation a changé en se concentrant
sur les processus biologiques, quand on a réalisé que les écosystèmes seraient mieux si envisagés comme dynamiques, et que des « listes
inventaires » seraient insuffisantes pour protéger la diversité. Récemment on trouve pourtant que les deux approches sont de plus en plus
liées, car elles ne sont pas mutuellement exclusives : des descriptions « statiques » mesurent également en partie les processus
évolutionnaires, tandis que l’approche par les processus dans un écosystème va partiellement refléter l’inventaire des espèces présentes
dans le système. Notammement, la distinction est parfois à mettre en relation avec celle entre préoccupations locales et préoccupations
globales sur la biodiversité : en général, on tend plutôt à intensifier la protection du maximum d’espèces possibles(gènes, écosystèmes),
tandis que d’un point de vue local le fonctionnement et l’intégrité des écosystèmes présents sont beaucoup plus
importants7.
Un autre point important concernant la notion de biodiversité et la discipline de biologie de la conservation est de clarifier qu’il ne s’agit pas seulement d'un concept positif, mais aussi chargé de valeur (« value-laden »). Bien que le positivisme comme doctrine classique dans la philosophie des sciences n’est plus une théorie valable, l’idée de base du positivisme, celle stipulant que « le discours proprement scientifique est vide de valeurs » est toujours pertinente en sciences8. Il apparaît naturel de croire que la physique ou la chimie sont cohérentes et ont été construites sans que des concepts non-scientifiques interviennent, sans intérêts politiques ou philosophiques. Roebuck and Phifer9 se plaignent de trop de positivisme dans la biologie de la conservation, à laquelle évidemment la pensée de base du positivisme ne s’applique pas du tout, puisque cette discipline combine recherche biologique et écologique à des effets et buts sociopolitiques !
On pourra donc être d’accord avec Norton10 qui rejette l’idée d’une définition objective de la biodiversité. Il faut quand même souligner que ce rejet n’est pas justifié par l’argument très général (et utilisé par exemple par Quine, Kuhn et Goodman dans des contextes très différents) selon lequel chaque ensemble de données sous-détermine un modèle ou une théorie scientifique, comme Norton semble le croire11. Car si c’était le cas, cet argument serait applicable à chaque concept théorique ! En revanche, la conclusion de Norton semble correcte car on voit bien que chaque mesure de biodiversité dépend des valeurs de celui qui la mesure et de son choix d’indicateur par exemple. Même s’il y avait du progrès dans notre compréhension de la diversité biologique, comme Norton l’assure, cela ne ferait que rendre encore plus vraisemblable le fait que le concept de « biodiversité » n’est qu’une agrégation d’usages différents dans le but de conserver la nature. Le concept de biodiversité semble être trop chargé de valeur12, trop subjectif pour être défini précisement, pour la raison simple que la biologie de la conservation est une discipline aussi scientifique que politique. Cette position « post-positiviste »13 à l’égard de la biodiversité, qui déclare que c’est un concept inévitablement chargé de valeurs, est en ce moment, semble-t-il, la conclusion majoritaire : en particulier, il n’y a pas une mesure unique de biodiversité, mais plusieurs, chacune avec des valeurs différentes. C’est pour cela que la biodiversité n’est qu’une synecdoque désignant des idées différentes de « biodiversités », le terme n’étant pas définissable dans un sens strictement philosophique.
On ne peut tout de même pas s’empêcher de penser que cette position est peu attractive en vue des impacts politiques du terme qui semblent
demander des limitations plus strictes de son usage.
Une analyse tout à fait remarquable du terme « biodiversité » a été réalisée récemment par Sarkar14 qui donne une définition implicite et opérationnelle de la biodiversité. En fait, Sarkar la nomme théorie « déflationniste » de la biodiversité15. L’idée de l’auteur est que la « biodiversité » n’est que ce que la biologie de la conservation cherche à protéger.
Sarkar16 part du « consensus17 framework » (voir Appendice 2) de la biologie de la conservation. Ce système de références a pour idée de base que la discipline de biologie de la conservation traite le planning systématique de conservation par une gestion adaptative ( « adaptif management ») des paysages.
D’après les idées de Sarkar, le management adaptatif consiste à « donner des préférences à des endroits pour leur valeur de biodiversité » et à la « formulation des procédures pour […] la survie des unités biologiques d’intérêt »18. L’adaptation consiste principalement à réitérer périodiquement le processus du management (voir Appendice 2). Elle implique un changement dans la politique de conservation passant par un remplacement des parcs nationaux et réserves naturelles par des « réseaux de réserves de conservation. » Malheureusement, nous n'entrerons pas ici dans les détails (voir Sarkar 2005, p. 154-178). Les étapes du management adaptatif de Sarkar, dont l’aspect le plus étonnant est le fort accent sur des considérations politiques, comprennent notamment quatre points de réflexion pour choisir des domaines de conservation.
(i)« The place prioritisation problem »: Il faut , en se basant sur le contenu en biodiversité d’un endroit, donner une liste de préférences
des endroits pour la conservation.
(ii)« The surrogacy problem »: Pour estimer la biodiversité, il faut choisir quelques caractéristiques mesurables (par exemple le nombre d’espèces) : « biodiversity surrogates ».
(iii)« The viability problem »: Une liste d’endroits à protéger fondée sur leur contenu en biodiversité étant établie, il faut davantage
considérer le pronostic à long-terme pour les entités biologiques d’intérêt de cet endroit.
(iv)« The feasibility problem »: Il faut comparer l’intérêt à conserver un endroit à d’autres intérêts sociopolitiques concernant
l’utilisation d’une parcelle de terre ou bien à d’autres intérets de protection de l’environnement (p. ex. « wilderness status »).
Il est extrêmement important de remarquer que Sarkar explique que l’étape (ii) -- choisir des « biodiversity surrogates » - se fait toujours par des éléments de convention, par exemple fondés sur les opinions de celui qui s’occupe de la conservation de la biodiversité.
L’idée de Sarkar pour la définition de la biodiversité est alors la suivante. Il ne s’agit pas de donner une définition explicite (en termes de conditions nécessaires et suffisantes), mais d’une définition implicite et opérationnelle : la biodiversité est « what is being optimized by the place prioritization procedures that prioritize all places on the basis of their biodiversity content using true surrogates »19. Notons que cette définition ne nous informe que d’une manière relative sur la biodiversité. Elle nous permet seulement de supposer que la biodiversité d’un endroit A est plus grande que la biodiversité de B. Cette manière opérationelle d’analyser la biodiversité est la définition « déflationniste » de Sarkar.
Est-ce là une vraie solution au problème que de supposer que la notion de biodiversité, si importante sur le plan politique, n’est qu’une synecdoque désignant une grande variété de concepts de « biodiversités » ?
On pourra être d’accord avec Sarkar qu’il est peu probable qu’une définition explicite de la biodiversité apparaîtra un jour, à cause des nombreux problèmes exposés précédemment. C’est certainement aussi un mérite que d’avoir donné une analyse opérationnelle de la biodiversité. Et bien qu’il soit douteux que son approche, très théorique, puisse être élevée au rang de méthode canonique de la biologie de la conservation, elle sera certainement utile pour cette très jeune discipline. En plus, il semble injustifié de reprocher à l’analyse de Sarkar d’être circulaire, au moins ne l’est-elle pas trivialement. Il est parfaitement possible de donner des définitions implicites de cette manière, les définitions imprédicatives en mathématiques en sont un excellent exemple.
Même si l’on est prêt à croire que la définition de Sarkar est consistante et utile d’un point de vue pratique, on peut en revanche se demander si elle a une grande valeur explicative. C’est par les conventions dans la notion de « biodiversity surrogate » que l’hétérogénéité du concept est cachée. Bien sûr des conventions (sociales) ne sont pas arbitraires. Mais est-ce que l’élément de convention ne réintroduit justement pas le problème de l’existence de valeurs différentes pour chaque acteur dans le domaine de la biologie de conservation qui font que la biodiversité a l’air d’être un concept flou, inacceptable pour le discours sociopolitique?
Même si on suppose que l’analyse de Sarkar est correcte d’une manière descriptive (même si la biologie de la conservation doit vraiment
se dérouler comme il l’a suggéré – ce que nous ne pouvons pas juger), il apparaît que sa définition ne nous explique pas vraiment ce
qu’on cherche a protéger, pas plus qu’elle n’explique si son statut imprécis est la vraie nature du terme ou s’il n’est pas simplement
encore mal compris.
En conclusion, notre analyse suggère que ce qu’on veut exactement conserver en protégeant la biodiversité reste fondamentalement imprécis. Ceci est essentiellement dû au fait que le concept est chargé de valeurs différentes par différents agents. La meilleure et plus complète approche théorique pour le définir, celle de Sarkar, est certainement utile pour mieux comprendre la nature de la biologie de la conservation. Mais à cause de l’élément de convention dans sa notion de « surrogate », la question : « peut-on mieux élucider la notion de biodiversité ? » reste ouverte. En tout cas, il est trop tôt pour voir si une telle définition opérationnelle va s’imposer – « it is almost certain that the techniques discussed in this book [Sarkar (2005)] will be superseeded by others : that has been the fate of early developments in every other science and there is no reason to expect – or desire – that conservation biology will prove to be an exception.”20
En outre, un autre enjeu, qu’on n’a pas eu l’occasion de traiter ici, est la question de savoir si la biologie de la conservation fait bien de se centrer autour de la protection de la biodiversité. Est-ce que la « santé » ou « l’intégrité » d’un écosystème ne sont pas des buts de conservation autant ou même plus importants que sa diversité ? La réponse dépend fortement de l’estimation normative de ces trois notions et permet donc de faire le lien avec la deuxième grande partie d’une analyse philosophique de « biodiversité » : les implications éthiques du concept. Si l’on peut se demander en biologie de conservation : « Pourquoi conserver la biodiversité ? (et non autre chose comme par exemple l’intégrité d’un système biologique) », on continuera par la suite à se poser la question éthique « Pourquoi conserver la biodiversité ? »
Linus Mattauch
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Plan du dossier :
1 Sarkar (2005)
2 Delord (2008), Delord (2009)
3 Voir la discussion philosophique sur la « biodiversité » à celle sur « l’identité personnelle » par exemple. Une position plausible pour le concept d’identité personnelle, le « A person is a primitive concept » de P.F. Strawson, est peu attractive pour la biodiversité.
4 Faith (2007)
5 Ce paragraphe paraphrase les idées de Sarkar (2005), ch. 6.5.
6 Faith (2007)
7 Cf. Faith (2007).
8 Cf. Roebuck and Phifer (1999)
9 Roebuck and Phifer (1999)
10 Norton (1994)
11 Norton (1994), p. 27
12 Notamment, il faudrait aussi considérer si le concept de biodiversité contient implicitement l’idée d’une crise de biodiversité ce qui n’est pas irraisonné en vue de la partie sociopolitique de la biologie de conservation.
13 Faith (2007)
14 Sarkar (2005), Sarkar (2004)
15 « Deflationism » est une position philosophique avant tout connue pour son application au concept de « verité », qui affirme que la vérité n’a pas de signification métaphysique, car elle n’a pas de signifiance en soi-même. Plus précisément, elle regroupe une famille de théories de vérité qui - partant du principe «T » de Tarski pour langages formelles (« p » est vrai si et seulement si p) – disent que des assertions qui ont pour prédicat la verité d’une proposition n’attribuent pas une propriété de vérité à cette proposition. Cf. Stoljar, Damnjanovic (2007)
16 Le paragraphe suivant est fondé sur les idées de Sarkar (2005), ch. 6
17 Sarkar explique que ce consensus s’est formé depuis 1995 d’une approche américaine, « théorique » et biologique, et d’une approche australienne, pratique et sociopolitique.
18 Sarkar, 2005, p. 151
19 Sarkar 2005, p. 182
20 Sarkar (2005), p. 229
1.Compile and assess biodiversity data for region:
Compile available geographical distribution data on as many biotic and environmental parameters as possible at every level of organization;
Collect relevant new data to the extent feasible within available time; remote sensing data should be easily accessible; systematic
surveys at the level of species (or lower levels) will usually be impossible;
Assess conservation status for biotic entities, for instance, their rarity, endemism, and endangerment;
Assess the reliability of the data, formally and informally; in particular, critically analyze the process of data selection.
2.Identify biodiversity surrogates for region:
Choose true surrogate sets for biodiversity for part of the region; be explicit about criteria used for this choice;
Choose alternate estimator-surrogate sets that can be (i) quantified; and (ii) easily assessed in the field (using insights from Stage 1);
Prioritize places using true surrogate sets;
Prioritize places using as many combinations of estimator-surrogate sets as feasible;
Assess which estimator-surrogate set is best on the basis of (i) efficiency and (ii) accuracy.
3.Establish conservation targets and goals:
Set quantitative targets for surrogate coverage;
Set quantitative targets for total network area;
Set quantitative targets for minimum size for population, unit area, etc.;
Set design criteria such as connectivity;
Set precise goals for criteria other than biodiversity.
4.Review existing conservation areas:
Estimate the extent to which conservation targets are met by the existing set of conservation areas.
5.Prioritize new places for potential conservation action
Prioritize places for their biodiversity content to create a set of potential conservation area networks;
Optionally, starting with the existing conservation area networks as a constraint, repeat the process of prioritization to compare results;
Incorporate design criteria such as shape, size, dispersion, and connectivity.
6.Assess prognosis for biodiversity for each potential targeted place:
Perform population viability analysis for as many species using as many models as feasible;
Perform the best feasible habitat-based viability analysis to obtain a general assessment of the prognosis for all species in a
potential conservation area;
Assess vulnerability of a potential conservation area from external threats, using techniques such as risk analysis.
7.Refine networks of places targeted for conservation action:
Delete the presence of surrogates from potential conservation areas if the viability of that surrogate is not sufficiently high;
Run the prioritization program again to prioritize potential conservation areas by biodiversity value;
Incorporate design criteria such as shape, size, dispersion, and connectivity.
8.Perform feasibility analysis using multiple criterion synchronization:
Order each set of potential conservation areas by each of the criteria other than biodiversity;
Find all best solutions;
Discard all other solutions;
Select one of the best solutions.
9.Implement conservation plan:
Decide on most appropriate legal mode of protection for each targeted place;
Decide on most appropriate mode of management for persistence of each targeted surrogate;
If implementation is impossible return to Stage 5;
Decide on a time frame for implementation, depending on available resources.
10.Periodically reassess the network:
Set management goals in an appropriate time-frame for each protected area;
Decide on indicators that will show whether goals are met;
Periodically measure these indicators;
Return to Stage 1.
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