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DOSSIERS DE
  BIODIVERSITÉ

Peuples Autochtones et préservation de la Biodiversité
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Le Fonds pour l’Environnement Mondial


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Accès rapide :

- Le FEM : organisation générale
- Les projets sur le terrain



Le FEM: organisation générale

Les territoires autochtones traditionnels couvrent près de 24% de la surface du globe et recèlent environ 80% des écosystèmes préservés ou des zones prioritaires de la protection de la biodiversité mondiale. Cette forte convergence spatiale entre la biodiversité et les autochtones leur donne un rôle majeur pour la question de la biodiversité.

Fondé en 1991, le FEM soutient financièrement la mise en oeuvre des directives de la Convention sur la Diversité Biologique de Rio. C'est un organisme politiquement indépendant aidant les populations autochtones par l'intermédiaire de trois agents exécutifs : la banque mondiale, le Programme des Nations Unies sur l'Environnement (PNUE) et le Programme des Nations Unies sur le Développement (PNUD).

On peut répertorier comme objectifs du FEM :

  • L’amélioration de la viabilité des dispositions géographiques des aires protégées
  • La prise en compte systématique de la biodiversité dans les paysages terrestres et marins ainsi que dans les secteurs d’activité économique.
  • La sauvegarde de la biodiversité et l’amélioration de la prévention des risques biotechnologiques.
  • La mise en oeuvre de moyens pour pouvoir prévenir, maitriser et combattre les espèces invasives.
  • L’amélioration des accès aux ressources génétiques pour pouvoir tirer avantage de leur exploitation pour les populations locales.

De 1991 à 2007, le FEM a apporté de l’aide à 178 pays dans plus de 2025 projets par le biais de 7000 financements pour des ONG . Soit une somme de 7.65 millliard de dollars en fonds propre, et 30,6 Milliard de dollars en cofinancements. Par ailleurs, il assure directement l'exécution des projets, et la diffusion des informations concernant les missions en cours aux populations. Il réalise également la consultation et vérifie l’engagement des partis. Concernant la population, elle n'est pas mise à l'écart des projets : aidée par le FEM, elle participe et contribue financièrement. Mais surtout, celle-ci possède une tribune privilégiée lors des réunions de consultation de l’assemblée du conseil du FEM, où elle peut aborder librement les problèmes liés aux projets qui la concernent. En dépit de ce droit, elle n'est que peu présente aux réunions. Depuis 1991, les partenariats avec les populations autochtones dans le domaine de la biodiversité ont augmenté, car ces dernières sont très étroitement liées à leur terre, leur eau, la faune et la flore, et à la gestion de leur sols. Cette participation des populations autochtones a permis de tirer des leçons pour pouvoir régler à l'avenir plus efficacement certains problèmes relationnels. En effet, les sociétés soutenues étant très différentes, il faut régulièrement modifier la stratégie de communication adoptée.

De plus, les pratiques et la connaissance traditionnelle sont d'un grand intérêt et s’inscrivent exactement dans une politique d’exploitation durable de la biodiversité. La CDB reconnaît d'ailleurs clairement la forte dépendance des populations envers les ressources biologiques, c’est pourquoi le FEM intervient dès qu’il y a engagement d’une population sur un projet. Les moyens permettant aux peuples d'accéder aux aides du FEM sont variés: projection vidéo, représentation théâtrale, conte, ce qui permet d'en faciliter l'accès et aussi de mettre en avant la culture de ces populations. Par contre, les populations doivent encore être représentées par une association locale ou une ONG, et doivent posséder un compte bancaire pour y avoir accès (http://www.gefweb.org). Les opérations ensuite décidées s'inscrivent dans un cadre circonscrit dans le temps. L’objectif à long terme des projets menés est la création de réseaux viables de zones protégées, ce qui permet l’établissement de corridors biologiques entre les réserves. Corridors indispensables dans un contexte de changement climatique et de forte migration des espèces.

En 2006, d'après un rapport du FEM, sur 102 projets, 17% ont été exclusivement faits au profit de populations autochtones, 46% des projets présentaient des volets destinés à servir les intérêts des populations autochtones. Le reste des missions ne servait qu'indirectement les intérêts des peuples. Les missions se sont réalisées principalement en Amérique latine du fait du grand nombre de peuples d'amazonie. Cependant 4 projets ont eu une envergure mondiale en mettant en relation des populations autochtones. 52 des missions ont consisté en la gestion de zones protégées ou de zones tampons, qui constituent des espaces intermédiaires entre une zone d'habitat écologique et un corridor biologique. 49 missions ont permis la réduction systématique de l'impact écologique des activités humaines dans une zone, en encourageant par exemple l'agriculture extensive traditionnelle. Enfin une mission a été réalisée pour dresser le bilan des enseignements et des résultats des projets passés. D'après les études menées par les agents du FEM, 90% des projets ont fournis des résultats satisfaisants par rapports aux résultats escomptés.



Les projets sur le terrain

2.1. Les indiens guaymis

Appelés ainsi la population indienne du Costa-Rica (64000 individus soit 1.7% de la population). La première menace pour eux est l'achat par les non-indigènes de leurs terres à des fins de prospection, minière ou pétrolière. De plus, leur territoire présente aussi un important potentiel de production d'hydroélectricité. Par ailleurs, le programme d'alphabétisation des indiens lancé par le gouvernement contribue aussi massivement à leur acculturation. Les réserves restent occupées à 80% par des non indigènes, bien que leur terre leur soit cédée légalement par le droit du sol. Les communautés d'indiens se répartissent en 24 territoires, dont celui des guaymis, représentant 1091 individus (http://www.imagenestropicales.com).

L’association de développement intégré d’organisation guaymi du Costa Rica est en charge d'une superficie de 28000 hectares de forêt dans la réserve de Coto-Brus. Ce territoire s’étend de la péninsule d’Osa au mont Brunca dans la chaine talamanca. Ce qui est d’une importance stratégique considérable pour les services nationaux de la protection de l’environnement, car 70% de ces zones forestières sont incluses dans le couloir biologique qui relie le parc de la Amistad au parc de Pédras Blancas Carcovado. Grace à un microfinancement de moins de 1 million de dollars accordé par le FEM, l’association a pu être chargée en 2006 de la gestion de 600 hectares de forêt sur les flancs du monts Brunca. Surface doublée en 2007 au vu de la bonne gestion de 2006. Une pépinière a aussi pu être construite et est destinée à la reforestation de 1000 hectares. Pour que la gestion du territoire se réalise dans de bonnes conditions, 2 gardes forestiers ont été formés pour prévenir l’abattage illicite et le braconnage du jaguar et du puma, espèces protégées mais prisées pour leurs peaux. Le financement s'emploie de façon souple, le pont reliant la réserve à la route du village a ainsi pu être remis à neuf pour faciliter l'accès à la zone gérée. Les communautés de 200 guaymis ont pu bénéficier de l'aide accordée. Dans le rôle de diffusion d’information du FEM pour les populations, le microfinancement a servis à la construction d'un centre d’informations pour que les populations prennent connaissance de leur droit par rapport à la construction du barrage de Boruca. La loi du Costa Rica sur les peuples indigènes de 1977 leur permet par exemple d'obtenir une compensation financière sur leur territoire qui va être submergé.

2.2. Les indiens quichuas

Le financement prend ici une dimension plus importante avec une somme de 788.000$ débloquée par le FEM en parallèle d'un cofinancement de 248.744$ pour fournir une aide aux peuples quichua, Yana Yacu, Nina Amarun et Lorocachi. Ces peuples habitent tous la province du Pastaza, sur 250.000 hectares de foret, soit une population de 300 quichuas. Ce territoire représente une mosaïque écosystémique avec des milieux forestiers, aquatiques et terrestres. C’est une des plus fortes concentrations de biodiversité sur Terre. L’objectif est ici l’utilisation durable des ressources de la fôret amazonienne par l’élaboration et l’application des plans de gestion du territoire. La protection du territoire étant prioritaire pour les quichuas, ils ont réalisé durant cette mission une zone de préservation biologique intercommunautaire. Les limites et le partage entre chaque communauté de la zone protégée a été réalisée selon les règles socioculturelles ancestrales et communes définissant l’utilisation de leur territoire. Les quichuas ont aussi pris en compte la classification des écosystèmes terrestres et aquatiques lors de l'organisation des limites, ce qui a permis de rendre un couloir biologique zone protégée. Pour assurer la bonne réalisation du projet, des réunions intercommunautaires sont dressées où y participe les notables des villages. Ces réunions permettent de débattre : politique, gestion et protection de la zone. La décision de reprise des pratiques ancestrales de la culture du sol a ainsi été décidée.




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